Tout pratiquant perçoit que la Nature est ultra présente dans le Hatha Yoga. La liste est longue des postures se référant au monde minéral, végétal, animal : la montagne, la foudre, l’arbre, la tortue, le lion…; des myriades qui, en régénérant le corps, calment ce singe ivre, le mental non éduqué. Le but, en effet, n’est pas de nous parfaire au seul niveau physique. L’arche de Noé qui défile au rythme d’une gestuelle somptueuse est une simple fresque. Le ” retour à la nature ” appelle la conscience à percevoir une dimension cachée.
Par le biais des exercices codés, sans que nous nous en rendions compte, la pratique nous imprègne et nous pousse à adopter un mode de vie où la manière de se nourrir, se distraire, travailler, est en conformité avec des lois supériueures.
C’est que notre nature humaine tend vers une perfection différente de celle du cheval. Il nous faut accepter les instincts animaux qui sont en nous avant de pouvoir les maîtriser et entrer délibéremment dans le cycle de l’évolution. La santé physique et mentale une fois atteinte appelle la quintessence spirituelle. Ce que traduit la Bhagavad Gita en comparant l’être humain accompli à un arbre inversé dont le feuillage est en bas et les racines au ciel.
( Micheline Flak dans le ” Santé Yoga ” du mois d’avril 2010.)