Archive for avril, 2009

La respiration ventrale

Jeudi, avril 30th, 2009

fleurs-rougesPosture pour la pratique du souffle

Il s’agit d’utiliser une posture confortable qui vous permet d’avoir le dos bien droit. Plus la colonne vertébrale est droite, plus il sera facile et agréable de dilater et retracter le tissu pulmonaire.

Pour le respiration ventrale, vous pouvez utiliser les postures assises ( vajrasana, siddhasana, padmasana) ou bien être assis sur une chaise, un fauteuil et même prendre la posture du corps-mort ( shavasana ) à plat sur le sol ou sur un lit. Si vous n’avez pas l’habitude de faire des exercices respiratoires, il est préférable de commencer à plat dos. Il s’agit de travailler sur le souffle, pas sur la posture. Bien entendu, il est recommandé aussi d’utiliser la respiration pendant les postures.

Vous devez utilisez le nez pour inspirer et expirer, la bouche restera fermée. Avant de commencer votre exercice, il est préférable de préparer les poumons en faisant quelques respirations profondes ( inspir et expir au maximum ).

La pratique

En respirant normalement avec le nez, prenez conscience du mouvement naturel de l’abdomen à l’inspir, il gonfle ( en fait l’abdomen subit la pression du souffle par l’intermédiaire du diaphragme ). A l’expir l’abdomen dégonfle, le diaphragme remonte les poumons se vident. Maintenez une respiration confortable et agréable, ne cherchez pas à respirer profondément, la cage thoracique ne doit pas être utilisée pour cette technique. Bien sûr il y aura une légère ouverture des côtes et du sternum, mais la plus petite possible. Continuez l’exercice en équilibrant l’inspir et l’expir, comptez mentalement 3, 4, 5 secondes ou plus, et sentez bien le ventre qui se soulève. Expirez et comptez le même temps et sentez bien le ventre qui rentre. N’oubliez pas, quel que soit votre compte, de maintenir une respiration confortable et agréable. Si vous souhaitez accentuer le côté détente, expirez deux fois que l’inspir ( 5 secondes inspir, 10 secondes expir ). Prenez votre temps pour progresser et stoppez si vous sentez que vous êtes en difficulté. Vous pouvez enchaîner les deux techniques : pendant 5 minutes utilisez le rythme équilibré et, sans marquer d’arrêt, passez au rythme expir 2 fois plus.

Maintenez votre exercice pendant 5 minutes au moins et jusqu’à 15 à 20 minutes au plus. Restez bien attentif et rechercher volontairement le côté agréable et confortable de l’exercice. Ceci permet de récupérer nerveusement. Plus vous produisez des efforts et des contractions, plus le système nerveux est sollicité et donc se fatigue.

Les effets

La respiration ventrale est très bénéfique pour l’ensemble de l’abdomen lorsque l’exercice est pratiqué de façon confortable. Le système nerveux récupère comme pendant le sommeil. La volonté et la concentration augmentent. Le système cardiaque se régule et se renforce. Le travail au niveau des alvéoles pulmonaires peut se faire correctement et l’élasticité du tissu pulmonaire est maintenue. Le diaphragme est assoupli et tonifié.

Ne pas pratiquer

Après un bon repas.

Contre indications

Problème important de l’extomac, foie, intestin.

Hernies importantes

(”J.L et F. Gianfermi. Association Sankara.”, ” Santé Yoga.N°21″)

La Boulimie

Dimanche, avril 26th, 2009

yoga-posture-dessinEst-ce vraiment une gloutonnerie affective qui suscite cette pulsion incontrôlable de faim?

Plus répandue chez la femme que chez l’homme, cette forme de pathologie traduit elle une insatisfaction des affects?

Très handicapante, la boulimie développe la culpabilité au détriment de l’estime de soi.

Beaucoup de femmes actives reconnaissent qu’en rentrant le soir chez elles, après le stress d’une journée de bureau, elles se rendent directement dans la cuisine et ingèrent, impulsivement, n’importe quel aliment.

La fatigue nerveuse est à l’origine de ce type particulier de boulimie.

Voici quelques conseils, expérimentés auprès de nombreux élèves, pour éviter cet écueil.

Dès le matin, avant le départ, préparer une bouteille d’eau et la placer dans un endroit tranquille, hors de la cuisine.

En rentrant le soir, revêtir une tenue confortable et éviter le passage par la cuisine.

Boire doucement un à deux grands verres d’eau, afin d’apaiser les spasmes de l’extomac.

Technique

S’allonger sur le dos en posture du cadavre ( SHAVASANA ), avec les talons légèrement écartés, les bras le long du corps, les paumes des mains tournées vers le plafond et la tête dans l’axe du corps. Les personnes souffrant de douleurs lombaires replient les jambes en gardant les talons écartés d’une dizaine de centimètres.

L’attitude mentale

Les yeux fermés, essayer de relaxer le front, les arcades sourcilières, les paupières supérieures et inférieures, les tempes, les joues, les lèvres et les muscles de la bouche.

Desserer les dents, relâcher la maâchoire inférieure, sentir les gencives et la langue.

Prendre conscience de la respiration nasale. Lorsque le rythme respiratoire est devenu régulier, pratiquer dix à vingt respirations complètes :

Le rythme du souffle sera tenu confortablement et sans forcer :

  • Inspiration : 5 secondes
  • Rétention à plein : 2 secondes
  • Expiration : 8 secondes

Concentration

Durant la respiration complète, la pensée joue un rôle important car elle assure le contrôle de l’énergie vitale ( PRANA ) et aide, sans effort musculaire, à respirer profondément.

  • Inspiration : elle monte du pubis aux clavicules
  • Rétention : elle permet de relaxer le corps
  • Expiration : elle redescend des clavicules au pubis

Bienfaits

La détente permise par la pratique respiratoire aidera à assurer un dîner et une soirée paisibles.

Les deux verres d’eau absorbés, avant la posture allongée sur le dos, activent le fonctionnement des reins et l’élimination.

Par une reconquête progressive de l’estime de soi, les personnes souffrant de ce type de boulimie réduisent les risques d’installation dans une névrose de caractère chronique.

(”Yoga et estime de soi” de C. Campagnac-Morette)

Dialogue avec André Comte-Sponville

Vendredi, avril 24th, 2009

lune-arbreVous dites que l’homme a besoin de lois faute d’amour. Pensez-vous que la capacité, la qualité d’amour de l’homme a évolué depuis deux milles ans ?

Depuis deux mille ans, sans doute pas beaucoup; depuis que l’homme existe très certainement. Il s’est produit une évolution très importante dans cette espèce animale (pour moi l’humanité n’est qu’une espèce animale parmi d’autre), et qui est, justement l’extension considérable des relations d’amour dans notre expérience quotidienne. Nous avons dépassé le seul amour observable chez les mammifères, qui est l’amour des parents pour les enfants (et spécialement de la femelle pour ses petits car, dans beaucoup d’espèces, la femelle doit protéger l’enfant pour que le mâle ne le dévore pas!).

L’humanité a fait un grand progrès, d’abord parce que les femelles ont fait beaucoup mieux que protéger les enfants contre la violence des pères, elles leur ont appris à les aimer. Les parents, ensemble, ont alors enseigné aux enfants que l’amour était la plus haute valeur, la seule qui puisse nous combler.

En premier, pour l’enfant, l’amour reçu; puisque, bien sûr, il est aimé avant d’aimer. Je dis souvent que nous avons tété l’amour en même temps que le lait, et que c’est pour cela que nous aimons l’amour, pour cela que l’amour est une valeur. Nous avons tété l’amour en même temps que le lait…juste assez pour comprendre deux choses : la première c’est que l’amour est ce qui vaut par-dessus tout (que sans amour on n’est rien du tout, comme dit la chanson…); la deuxième, c’est que, de cet amour, nous serons désormais perpétuellement frustrés.

Nous aimons l’amour…et nous ne savons pas aimer. Et nous ne sommes jamais aimés comme nous voudrions l’être…Si bien que nous sommes perpétuellement en manque d’amour.

Toute notre vie, et au fond toute notre civilisation, notamment la civilisation judéo-chrétienne, se passe à célébrer l’amour; alors même que, le plus souvent, l’amour fait défaut. L’amour brille surtout par son absence, mais il brille!

Finalement, c’est cela une valeur: quelque chose qui brille quand bien même il n’est pas là!

Ainsi, c’est parce que nous reconnaissons la valeur de l’amour, parce que nous aimons l’amour, même quand il fait défaut, que nous sommes voués à la loi, au sens de la loi morale. Car, en fait, que nous dit la morale? La morale nous dit : agis comme si tu aimais. Quand l’amour est là, nous n’avons pas besoin de morale, nous n’avons pas besoin de devoir, de commandements, d’impératifs, d’interdits…L’exemple que je prends souvent, c’est le parent qui nourrit son enfant ” par devoir “! Moi, j’ai trois enfants, l’aîné a treize ans, je vous jure que pas une seule fois dans ma vie, depuis treize ans, je n’ai nourri mes enfants par devoir ou pour des raisons morales! Evidemment non! Je les ai nourris par amour! Et heureusement pour moi comme pour eux…

Et quelle plus atroce expression que celle de ” devoir conjugal “! Quand l’amour est là, ou même quand le désir est là, nous n’avons besoin ni de devoir ni de morale. Comme l’avait très bien compris Spinoza, l’amour libère de la loi; l’amour libère de la morale. C’est également le sens de la grande formule de Saint Augustin : ” Aime, et fais ce que tu veux. “

Autrement dit, quand tu agis par amour, pour autant que ce soit l’amour de l’autre et non l’amour de soi, tu n’as plus à te préocuper de devoirs, d’interdits ou de morale.

L’amour libère de la loi…, je suis d’accord…, mais il faut ajouter bien sûr que ça ne vaut que quand l’amour est là. Dans tous les cas où l’amour n’est pas là ( c’est à dire de très loin les cas les plus fréquents), faute de pouvoir agir par amour, il nous reste à agir comme si nous aimions.

Quand nous aimons, nous avons plaisir à donner à celui que nous aimons; mais quand nous couvrons nos enfants de cadeaux, nous ne parlons pas de générosité, parce que nous savons que nous ne donnons pas par générosité, mais par amour.

Eh bien, que nous dit la générosité en tant que vertu morale? Elle nous dit : puisque tu donnes à ceux que tu aimes, tu dois donner aussi à ceux que tu n’aimes pas.

Dans ce sens la générosité n’est une vertu morale que lorsqu’elle nous pousse à donner à ceux que nous n’aimons pas. Ainsi, nous pouvons dire que la générosité, comme d’autres vertus morales, telles que la justice, la miséricorde, etc., consiste à agir comme si nous aimions.

La morale est un semblant d’amour.

Il est évident que mieux vaut agir par amour que par morale; mais mieux vaut agir ” comme si nous aimions “, qu’agir de façon cruelle ou égoïste. L’amour vaut mieux que la morale; mais la morale vaut mieux que l’immortalité.

(”Aimer désespérément” Collectif. Espaces libres. Albin Michel)

Swami Vivekananda

Mercredi, avril 22nd, 2009

lumiere-2Lorsque tu considères cette Existence immortelle de l’extérieur, tu l’appelles Dieu; et lorsque tu la considères de l’intérieur, tu l’appelles toi. Mais c’est la même réalité.

Swami Vivekananda

Mardi, avril 21st, 2009

lumiereToutes les religions du monde déclarent que l’unité est en nous. Une fois réalisée l’unité avec le divin, il n’y a pas d’autre progrès à acomplir. Connaître, c’est trouver cette unité.

Tantra Yoga (Troisième partie)

Vendredi, avril 17th, 2009

equilibre33. Vide, mur, quel que soit l’objet de contemplation, il est la matrice de la spatialité de ton propre esprit.

34. Ferme les yeux, vois l’espace entier comme s’il était absorbé par ta propre tête, dirige le regard vers l’intérieur et, là, vois la spatialité de ta vraie nature.

35. Le canal central est la Déesse, telle une tige de lotus, rouge à l’intérieur, bleue à l’extérieur. Il traverse ton corps. En méditant sur sa vacuité interne, tu accèderas à la spatialité divine.

36. Bouche les septs ouvertures de la tête avec tes mains et fonds-toi dans le bindu, l’espace infini, entre les sourcils.

37. Si tu médites dans le coeur, dans le centre supérieur ou entre les deux yeux, se produira l’étincelle qui dissoudra la pensée discursive, comme lorsqu’on effleure les paupières avec les doigts. Tu te fondras alors dans la conscience suprême.

38. Entre dans le centre du son spontané qui vibre de lui-même comme dans le son continu d’une cascade ou, mettant les doigts dans les oreilles, entends le son des sons et atteins Brahman, l’immensité.

39. Ô Bhaïravi, chante “OM”, le mantra de l’union amoureuse du Shiva et Shakti, avec présence et lenteur. Entre dans le son et, lorsqu’il s’éteint, glisse dans la liberté d’être.

40. Concentre-toi sur l’émergence ou la disparition d’un son, puis accède à la plénitude ineffable du vide.

41. En étant totalement présent au chant, à la musique, entre dans la spatialité avec chaque son qui émerge et se dissout en elle.

42. Visualise une lettre, laisse-toi remplir par sa luminosité. La conscienceouverte, entre dans la sonnorité de la lettre, puis dans une sensation de plus en plus subtile. Lorsque la lettre se dissout dans l’espace, sois libre.

43. Lorsque tu saisis la spatialité lumineuse de ton propre corps irradiant dans toutes les directions, tu te libères de la dualité et t’intègres à l’espace.

44. Si tu contemples simultanément la spatialité du haut et celle de la base, l’énergie hors du corps te porte au-delà de la pensée dualisante.

45. Réside simultanément dans la spatialité de la base, dans celle du coeur et dans celle du sommet. Ainsi, par l’absence de pensée dualisante, s’épanouit la conscience divine.

46. En un instant, perçois la non-dualité en un point du corps, pénètre cet espace infini et accède à l’essence liberée de la dualité.

47. Ô femme aux yeux de gazelle, laisse l’éther pénétrer ton corps, fonds-toi dans l’indicible spatialité de ton propre esprit.

48. Suppose que ton corps est pure spatialité lumineuse contenue par la peau et accède au sans-limite.

49. Ô beauté! Les sens disséminés dans l’espace du coeur, perçois l’essence de la Shakti comme une poudre d’or d’une indicible finesse qui scintille en ton coeur et de là se déverse dans l’espace. Alors tu connaîtras la béatitude suprême.

50. Lorsque ton corps est tout entier pénétré de conscience, l’esprit unipointé se dissout dans le coeur et tu pénètres alors la réalité.

51. fixe ton esprit dans le coeur en te livrant aux activités du monde, ainsi l’agitation disparaîtra et en quelques jours tu connaîtras l’indescriptible.

52. Concentre-toi sur un feu de plus en plus ardent qui monte de tes pieds et te consume entièrement. Lorsqu’il ne reste que cendres dispersées par le vent, connais la tranquilité de l’espace qui retourne à l’espace.

(Pour la suite, n’hésitez pas à consulter le livre magnifique de D. Odier ” Tantra Yoga, le tantra de la connaissance supême”, Spiritualités vivantes.)

Tantra Yoga (deuxième partie)

Mercredi, avril 15th, 2009

main-bougie20-21. Celui qui accède à la Shakti saisit la non-distinction entre Shiva et Shakti et passe la porte d’accès au divin. Ainsi qu’on reconnaît l’espace illuminé par les rayons du soleil, ainsi reconnaît-on Shiva grâce à l’énergie de Shakti qui est l’essence du Soi.

22-23. Ô Dieu suprême! Toi qui portes un trident et un collier de crânes, comment atteindre la plénitude absolue de la Shakti qui transcende toute notion, toute description et abolite le temps et l’espace? Comment réaliser cette non-dualité avec l’univers? Dans quel sens dit-on que la suprême Shakti est la porte secrète de l’état bhaïravien? Peux-tu répondre par le langage conventionnel à ces questions absolues?

24. La suprême Shakti se manifeste lorsque le souffle inspiré et le souffle expiré naissent et s’éteignent aux deux points situés en haut et en bas. Ainsi, entre deux respirations, faits l’expérience de l’espace infini.

25. A travers le mouvement et l’arrêt du souffle, entre l’expiration et l’inspiration, lorsqu’il s’immobilise aux deux points extrêmes, coeur intérieur et coeur extérieur, deux espaces vides te seront révélés : Bhaïrava et Bhaïravi.

26. Le corps relâché au moment de l’expiration et de l’inspiration, perçois dans la dissolution de la pensée duelle, le coeur, centre de l’énergie où s’écoule l’essence absolue de l’état bhaïravien.

27. Lorsque tu as inspiré ou expiré complètement et que le mouvement s’arrête de lui-même, dans cette pause universelle et paisible la notion du “moi” disparaît et la Shakti se révèle.

28. Considère la Shakti comme une vive luminosité, de plus en plus subtile, portée de centre en centre, de bas en haut, par l’énergie du souffle, au travers de la tige de lotus. Lorsqu’elle s’apaise dans le centre supérieur, c’est l’éveil de Bhaïrava.

29. Le coeur s’ouvre et, de centre en centre, la Kundalini s’élance comme la foudre. Alors se manifeste la splendeur de Bhaïrava.

30. Médite sur les douze centres d’énergie, les douze lettres conjointes et libère-toi de la matérialité pour atteindre à la suprême subtilité de Shiva.

31. Concentre l’attention entre les deux sourcils, grade ton esprit libre de toute pensée dualisante, laisse ta forme se remplir avec l’essence de la respiration jusqu’au sommet de la tête et là, baigne dans la spatialité lumineuse.

32. Imagine les cinq cercles colorés d’une plume de paon comme étant les cinq sens disséminés dans l’espace illimité et réside dans la spatialité de ton propre coeur.

(”Tantra Yoga, le tantra de la connaissance suprême” de D.Odier)

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