Le grand carrefour.
Plutôt carrefour énergétique que physique, le plexus solaire n’a pas d’existence tangible. Si les tensions qu’il manifeste sont trop importantes, tout peut se bloquer, sexualité, système digestif, émotions…Avec Françoise Gross, spécialiste de l’irrigation du colon, et Isabelle Langlois, masseuse ayurvédique.
Prenant naissance le long de la colonne vertébrale, les réactions à un stress, un choc, une émotion forte, se rassemblent à 50% dans ce grand carrefour qu’est le plexus solaire. Les informations qui arrivent à ce centre de distribution sont instantanément rediffusées à tous les organes du corps.
Les tensions provoquées se traduisent par des maux susceptibles de s’aggraver si l’on n’y prend garde. Du manque d’oxygène, au ralentissement des échanges cellulaires, en passant par une élimination plus ou moins compromise.
Lorsque nous sommes tendus, l’estomac dans un petit creux duquel se loge le plexus, est bridé à son tour. Ne parvenant plus à se mettre en marche, il uitilise sa roue de secours : il fabrique plus d’acides, ce qui produit ballonements et gargouillements.
Sous leurs mains, les masseurs rencontrent autour et à cet endroit stratégique, qui est aussi la région du corps où se trouvent le plus de défense, du dur, du contracté, parfois des crampes et des spasmes, des noeuds et des nodules. ” ça” ne respire plus, “ça” ne passe pas. Au dessus du plexus est l’ouverture du coeur, en dessous, la zone digestive et sexuelle. Quand les communications sont rompues, comment ressentir, comment savoir ce que l’on veut et où l’on est?
” Après un excès de pression, une dépression est nécessaire, dit Françoise Gross. Mais lorsque le système sympathique est trop sollicité, le corps perd sa faculté de récupération. Système sympathique et para sympathique ne dialoguent plus ” . Dialogue nécessaire à la bonne santé.
Le système sympathique est notre système de survie, celui qui nous fait réagir ou nous paralyse dans nos réponses aux chocs. La récupération du corps est assurée par le système para-sympathique qui part des cervicales et de la région sacrée et dont les récepteurs sont les muscles des organes.
Ce système ne dépend pas de notre volonté. Comme le préconisait déjà Hippocrate, c’est en travaillant sur son corps d’une façon générale, que l’on va le solliciter et qu’il pourra reprendre son droit et sa parole. Irrigation du colon et massages sont, parmi d’autres, deux excellents moyens de rétablir le dialogue entre les deux systèmes. La connexion s’établit dans l’hypothalamus au niveau des cerveaux reptiliens et limbiques.
“L’impression de rentrer à la maison”
L’irrigation du côlon est une méthode douce de nettoyage du gros intestin. Plus efficace qu’un simple lavement, elle permet d’éliminer les déchets incrustés dans les replis de la paroi intestinale. La technique dure une heure et est précédée d’un entretien d’une heure lui aussi. Rien à faire, juste se laisser faire. Françoise Gross, qui connaît bien son métier, est très présente et attentive à ce processus de nettoyage, d’élimination d’incrustation parfois très anciennes, de détente et d’allègement.
Se rendant compte que les plexus solaires sont de plus en plus tendus et les organes de plus en plus gonflés, la masseuse Isabelle Langlois a mis au point des soins spécifiques : ” Je travaille beaucoup l’espace intercostal où se trouvent les points correspondant au stress. Je prends contact avec le plaxus, en posant la main, sans bouger. Quand on ne cherche pas à manipuler, ça se dénoue tout seul, de l’espace et du souffle sont créés. Là, je peux mettre en mouvement, en suivant les tissus. Je peux aller creuser. Quand je retombe sur un noeud, j’arrête et j’attends. Je travaille aussi sur l’ouverture des hanches, des côtes : je creuse ces zones. Parfois, je travaille autour comme avec une plume. Et je souffle aussi. Après je passe au reste, visage, tête, coeur…En étant reliée à mon propre axe, je sens où sont les blocages, chez l’autre, le corps de l’autre étant l’extension de son prpore corps. Quand le plexus se dégage, on a l’impression de rentrer à la maison.”
par Isabelle Clerc. ( ” Santé yoga n°81 février 2008″ )